Interview de Stéphane LE GOFF, Grand Reporter pour Intérieur Sport

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Comme chaque jeudi, Côté Vestiaire vous propose l’interview d’un acteur du sport. Aujourd’hui, nous vous offrons celle de Stéphane LE  GOFF, Grand Reporter pour Canal + et Intérieur Sport.

Stéphane LE GOFF, présentez-vous en quelques mots.

Je travaille à Canal + depuis 25-26 ans. Rattaché au service des sports, je suis Grand Reporter pour Intérieur Sport.

Pouvez-vous nous parler plus en détails de votre métier ?

Mon métier actuel, celui de grand reporter, consiste à trouver des sujets qui se rattachent à un sport, à des portraits de gens plus ou moins célèbres ou à des équipes, ce qui devient de plus en plus compliqué. Dès qu’on arrive dans le monde professionnel, les portes se ferment davantage et il est difficile de les ouvrir. Cela concerne essentiellement des sports comme le rugby qui ont des enjeux économiques plus importants qu’ailleurs.

Notre rôle est aussi de faire découvrir des sports que le grand public ne connait pas. Par exemple, le dernier reportage que j’ai fait portait sur le bobsleigh. Très peu de personnes connaissent ce sport et on a beaucoup d’à priori sur ce genre de discipline. Pour beaucoup le bobsleigh se résume à pousser, monter dans le bob et se laisser glisser jusqu’en bas. En fait pas du tout. Ce sont des gens qui sont de vrais passionnés, de vrais sportifs. Notre rôle est donc de vulgariser ce genre de sport.

Présentez-nous Intérieur Sport.

C’est une émission qui a été créée il y a 6 ans. Le concept était initialement d’être au plus proche des sportifs et de montrer, qu’au-delà des résultats bruts, il y a beaucoup de travail et d’abnégation en amont des compétitions. Les sportifs sont des personnes qui sacrifient beaucoup de choses dans leur jeunesse pour avoir des résultats. Le but d’Intérieur Sport est de montrer qu’on n’arrive pas à avoir des résultats sans travailler. On a fait cela pendant 4-5 ans. Désormais, l’orientation éditoriale change un peu car au bout de tout ce temps, on risquerait de tourner en rond. On essaye donc de se pencher sur de nouvelles thématiques pour faire découvrir à la fois des sports méconnus et des lieux ou des compétitions mythiques, ce qui a été le cas du reportage sur l’aviron.

En 8 majeur Intérieur Sport

Comment vous vient l’idée d’un sujet ?

Nous on travaille à la télé. Le plus souvent, les têtes chercheuses du journalisme viennent de la presse écrite parce qu’ils ont besoin de supports différents, de raconter une histoire différemment… L’Equipe, par exemple, en dehors des résultats bruts, doit creuser pour trouver des sujets où il y a « de la moelle ». Pour nous au départ, ça a été un peu compliqué parce que c’est ce que nous souhaitions faire, mais à la télévision. Or, à la télé, c’est beaucoup plus dur que sur un papier : on a besoin de plus de moyens de techniques, on prend plus de risques et ça coute plus cher. Notre but c’était ça, essayer d’être en amont et d’être les premiers à mettre en avant de jeunes sportifs prometteurs.

Tout cela nécessite une certaine prise de risque et d’aller sur des créneaux où l’on n’est pas sûrs et certains du résultat. Il faut aussi une grosse part de chance. Par exemple, lorsque j’ai commencé à suivre Christophe Lemaitre, personne ne le connaissait. Je l’ai suivi plus d’un an et il est devenu triple champion d’Europe. C’est pareil pour Thibaut Fauconnet en Short-Track qui devient multiple champion d’Europe l’année où je le suis. Le but est aussi d’aller vers des athlètes, quel que soit le sport, que les gens ne connaissent pas et d’arriver en amont de tous les autres relais médias.

Êtes-vous libre dans le choix de vos sujets ?

Je suis complètement libre. La seule contrainte qu’on a est financière. Certains reportages coutent plus cher que d’autres comme lorsqu’on doit suivre un athlète autour du monde. On nous dit donc « feu vert » ou « feu rouge » mais il n’y a jamais de feu orange. C’est la seule contrainte qu’on a. D’un point de vue éditorial je suis complètement libre.

Combien de temps s’écoulent entre le « feu vert » et le moment du passage à l’antenne ?

Lemaitre manquant Intérieur SportTout dépend du type de reportage que l’on fait. Si je prends le cas de Lemaitre, le but de ce reportage était qu’il soit le premier athlète blanc à passer sous la barre des 10 secondes. Heureusement, c’est arrivé au bout d’un an de tournage mais ça aurait pu durer plus longtemps. Cela dit, on n’allait pas attendre 20 ans. Nous nous étions mis une limite sur les Championnats d’Europe, il a été triple champion d’Europe et on a bouclé le reportage. Mais c’est un cas un peu particulier. Sinon, quand on axe le reportage sur un événement particulier, on suit les athlètes jusqu’à cet événement là et ensuite on a 15 jours pour finir le reportage, le monter et le présenter à l’antenne.

Quelles sont les différentes étapes dans un reportage ?

Il faut d’abord trouver le bon sujet, le bon reportage. Il faut ensuite le préparer et savoir dans quel lieu et dans quelles circonstances on va le tourner. On a également un dialogue avec le monde du sport pour savoir si les personnes que l’on souhaite suivre sont ouvertes à notre documentaire ou non. On va donc souvent les voir avant pour leur expliquer le concept et leur préciser qu’à partir du moment où on enclenche la procédure, on est tout le temps avec eux. Il y a ensuite le tournage, qui s’échelonne sur un mois mais qui dure 8 jours maximum. Enfin, il y a le dérushage, sachant que l’on a parfois 30 ou 40 heures d’images, le montage, le mixage, l’écriture et ça passe à l’antenne.

Avez-vous déjà été limité à cause de sponsors, clubs ou athlètes ?

Tout dépend des journalistes. Moi j’ai pour principe qu’on ne doit pas payer les athlètes. Je suis journaliste, pas directeur de communication donc je ne suis pas là pour faire leur communication. Toutes les marques qu’ils ont sur eux, je les enlève. Si quelqu’un arrive avec un gros chapeau et un sigle reconnaissable je lui dit de l’enlever. S’il ne veut pas, je ne fais pas l’interview, c’est une question de principe. Ils essayent tous, parce que ça fait partie malheureusement de leur boulot et que certains vivent de ça. Leurs sponsors officiels sont très importants, et plus ils ont de visibilité plus ils sont rémunérés, mais nous en tant que journalistes, notre rôle ce n’est pas de faire de la communication.

Les gros problèmes qu’on a sont essentiellement liés au sport business parce qu’il y a beaucoup d’enjeux économiques là-dedans et que les clubs veulent de plus en plus tout contrôler et ça devient de plus en plus délicat de tourner. J’ai fait un film de 100 minutes sur la vie de Jonah Lomu l’année dernière, et pendant toute sa carrière chez les All Blacks il était sous contrat avec la fameuse marque à trois bandes. Lors des interviews il voulait systématiquement porter un t-shirt ou un blouson de cette marque avec le logo très apparent, j’ai donc dû le lui faire enlever à chaque fois. Il n’était pas trop d’accord mais c’était la condition, autrement je ne faisais pas le film. Je ne suis vraiment pas là pour faire de la communication. J’ai fait un reportage sur le plongeon de falaise l’année dernière, on sait très bien qu’elle est la marque qui organise cette compétition-là, je ne suis donc pas là pour faire la pub de cette marque.

Le souci aujourd’hui est que le monde a changé, les rapports clubs-journalistes ne sont plus ceux qu’ils étaient il y a 30 ans et les questions d’argent sont toujours présentes de façon sous-jacente. Il est vrai que c’est assez compliqué quand on est proche du monde du foot ou même du rugby qui s’est professionnalisé il y a une quinzaine d’années. Ça devient un peu plus pernicieux, il faut être davantage sur ses gardes pour ne pas se faire piéger.

Vous préfériez avant ou maintenant ?

J’ai toujours préféré ce qu’il se passait avant parce qu’on avait des rapports beaucoup plus sains avec les sportifs. Cependant, les personnes qui travaillent dans le milieu du sport sont des personnes de ma génération que j’ai connu athlètes. J’ai cette chance, contrairement aux plus jeunes journalistes, qui sont tout de suite immergés dans le monde du sport business. Aujourd’hui les rapports sont un peu faussés, on n’a plus le temps d’apprendre à connaître les sportifs de haut niveau et l’approche est plus délicate. Nous on avait une approche beaucoup plus personnelle et on avait beaucoup plus de vécu avec eux, on logeait souvent dans les mêmes hôtels qu’eux, on les côtoyait le jour, on allait manger et dîner ensemble. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, les gens arrivent, ils commentent un match, ils font une interview et en restent là.

 Avez-vous peur que des sports encore peu médiatisés tombent là-dedans ?

Tous les sports ne sont pas comme ça. C’est le cas dans le handball en ce moment parce qu’on en parle beaucoup, ou dans le basket. C’est souvent le cas dans les sports collectifs parce que la dimension collective est quelque chose de plus que l’encadrement doit apprendre à gérer. A partir du moment où il y a une caméra qui filme, ça gène souvent les joueurs et l’encadrement et c’est compliqué. Mais il y a plein de sports avec lesquels on peut travailler très sereinement et au contraire, je pense que c’est ce qu’il faut faire aujourd’hui. Il vaut mieux aller voir les sports qui sont moins médiatisés parce que les gens sont beaucoup plus ouverts et beaucoup plus demandeurs.

Certains sports sont-ils beaucoup plus faciles à filmer que d’autres ?

Tout ce qui se passe sur un carré vert, un rectangle vert ou du parquet est facile à filmer. Les sports les plus difficiles à filmer sont tous les sports aquatiques. Tout ce qui se passe sur l’eau est très compliqué parce qu’il y a souvent trois dimensions à prendre en compte : il y a ce qui se passe en surface (ce qu’on voit en dehors de l’eau), ce qui se passe à la surface (au fil de l’eau) et il y a ce qui se passe en dessous. Avec les moyens techniques qu’on a aujourd’hui, on essaie de faire du trois dimensions, et c’est ça qui est très compliqué. Et surtout dans ces cas-là, on n’a pas de support fixe pour filmer et c’est vraiment difficile. Ensuite les autres sports dans ce cas sont tous ceux qui ont du dénivelé comme le ski parce que le blanc écrase l’image.

Je vais vous citez quatre ou cinq sports et vous allez me dire quelle est la valeur qui se dégage le plus de ce sport selon vous.

Le bobsleigh : sacrifice et abnégation parce que ce sont des gens qui n’ont aucun moyens financiers par rapport aux grandes nations. Ce sont également des athlètes qui ont sacrifié leur vie étudiante ou leur vie professionnelle pour réaliser leurs rêves et aller aux JO à Sotchi. Ils n’ont pas eu de médailles mais ils méritaient vraiment d’aller aux Jeux parce qu’ils font vraiment tout eux-mêmes. Ils n’ont pas d’entraineurs, pas de docteurs, pas de kinés, pas de préparateurs physiques, pas de mécaniciens, ils font tout eux-mêmes.

BoberLine Intérieur Sport

La voile : la voile c’est le courage. Je ne parle pas des régates olympiques, mais je crois qu’il faut beaucoup de courage pour faire de la voile. C’est l’un des derniers sports qui reste très impressionnant, notamment quand on imagine des solitaires au bout du monde qui gèrent leurs bateaux sans aucune assistance à moins de 10 000 km.

Le tennis : Il faut beaucoup de mental au tennis et c’est ce qu’il manque aux français actuellement. C’est pour ça qu’ils n’y arrivent pas. Je pense que leur manque de résultats est dû à leur manque d’abnégation. Ils sont très forts techniquement mais ils manquent de mental.

L’aviron : l’aviron c’est un sport complet. Les athlètes sont très équilibrés, très modestes, et pour moi c’est la quintessence du sport. Ce n’est pas un sport très médiatisé mais je pense que l’aviron raconte toutes les valeurs du sport parce que c’est un sport complet. Il faut être très courageux pour s’entraîner, pour se lever tôt. Ce sont généralement des gens qui travaillent ou qui sont étudiants, ils sont amateurs et ne gagnent pas d’argent avec ce sport. Je pense qu’ils mériteraient plus que ce qu’ils ont. Et il y a à la fois cette dimension individuelle et collective qu’il y a dans peu de sport. Soit on parle de sports individuels, soit de collectifs, l’aviron a les deux. C’est un sport qui rassemble toutes les valeurs qu’on demande aux sportifs en général.

Le rugby : il y a énormément d’humanité dans le rugby, c’est un sport qu’on ne peut pas pratiquer sans les autres. Sans les autres, on n’est rien. Au foot évidemment l’égo prime sur le côté collectif et c’est ce qui perd souvent les équipes. On va souvent ressortir le buteur ou le milieu de terrain parce qu’il est plus technique, parce qu’il a plus d’aura, parce qu’il est plus ceci ou cela. Au rugby c’est très rare. Evidemment, on va parler de Wilkinson parce qu’il met le drop de la victoire en Coupe du Monde pour les anglais, on va parler de Lomu parce qu’il a été LE joueur hors-normes de toute l’histoire du rugby mais ce sont deux exceptions qui ne confirment pas la règle. Cette règle est qu’on a besoin des autres au rugby. On se souvient plus des All Blacks que des joueurs individuellement. Il y a donc beaucoup d’humanité dans le rugby et si on n’a pas ça, je pense qu’on ne peut pas jouer au plus haut niveau. C’est tout de même le sport collectif par excellence.

Vous avez couvert tous les sports. Quel est votre préféré ?

Celui que je connais le mieux techniquement c’est le ski parce que j’en ai fait longtemps en compétition. Pour le coup, on parle d’un sport qui a été ultra médiatisé dans les années 60-70 et qui ne l’est plus du tout. Il l’a été à nouveau à l’époque de Luc Alphand puis c’est retombé en désuétude alors qu’il y a toute une industrie derrière. Je trouve cela assez incompréhensible. Aujourd’hui, on a Alexis Pinturault qui gagnera sans aucun doute le classement général de la Coupe du Monde, ce qui pourrait relancer la machine.

J’aime aussi beaucoup le rugby et j’adore la natation. J’ai pratiqué tous les sports mais en tant que journaliste, je crois qu’on doit avoir beaucoup d’empathie envers les sportifs. On ne peut pas tomber dans le sectarisme. Ce n’est pas parce qu’on a des sports de prédilection qu’il faut dénigrer les autres. Et c’est malheureusement souvent le cas dans notre profession.

Par exemple j’adore la natation parce que c’est l’un des sports les plus techniques avec le ski et le golf. La position de la tête, la position des mains, comment on pousse,… tout est important. A partir du moment où on découvre des sports et qu’on va au-delà des idées préconçues, on apprend des choses à nos spectateurs. Quand je fais mon métier, je fais en sorte d’apprendre des choses. Et si c’est le cas, j’essaie de les retransmettre à l’antenne pour que tout le monde puisse apprendre.

Quel(le) était votre sportif(ve) préféré(e) dans votre jeunesse ?

Je n’étais pas dans l’idolâtrie mais les quatre sportifs qui ont marqué ma jeunesse sont Ingemar Stenmark en ski, Nadia Comaneci en gymnastique, Mark Spitz en natation et Johan Cruyff en football. Lors des JO de Sotchi, lorsque j’ai découvert la patineuse Lipnitskaia, j’ai eu exactement la même impression que lorsque j’ai vu Nadia Comaneci. C’est une jeune athlète qui donne l’impression de vivre ce qu’elle fait. Et ça, c’est magnifique en sport. Il n’y a rien de plus beau qu’un athlète qui vit son sport parce qu’il y a une dimension qui va au-delà du côté sportif lui-même. Je pense que Killy avait ça par exemple.

Quel est votre plus beau souvenir de journaliste ?

C’est très difficile d’en sortir un. Lors des JO d’Athènes, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire juste avant la finale du 100m : les organisateurs ont envoyé une musique grecque dans le stade et tous les finalistes, mis à part Powell se sont mis à danser. Au final, Powell a terminé en dehors du podium. C’est certainement le moment le plus incroyable que j’ai vu. A trois minutes d’une finale olympique, voir les athlètes danser de la sorte dans le stade olympique, c’était totalement inattendu.

Parmi tous les reportages que vous avez réalisés, quel est celui qui vous a le plus marqué ?

Lelos Interieur SportC’est un reportage que j’ai fait sur l’équipe nationale géorgienne de rugby, un mois après le conflit contre les russes. La Géorgie devait affronter la Russie en match qualificatif pour la Coupe du Monde. L’IRB, par peur de ce qui allait se passer, a déplacé ce match en Ukraine. J’ai passé une semaine avec l’équipe nationale géorgienne, j’ai été sur la zone des conflits, j’ai été le premier journaliste de l’histoire à être accepté dans la cathédrale de Tbilissi pour voir la bénédiction de l’équipe par le Pope. C’est de loin le reportage le plus marquant que j’ai eu l’occasion de faire.

Et parmi ceux que vous n’avez pas réalisés ?

C’est un reportage qu’avait réalisé Jean Christophe Rosé sur Maradona. On a beaucoup critiqué Maradona sur le fait qu’il ait pris de la drogue, qu’il se soit fait bannir pour dopage,… et Jean Christophe Rosé est le seul à avoir compris pourquoi ce joueur est un dieu en Argentine. L’histoire est que Maradona a du sang indien, donc il est « plus argentin qu’un argentin » et son côté populaire vient de là. C’est un reportage très bien écrit, très bien fait.

Dernière question. Canal + et BeINsports se font actuellement la guerre concernant les droits TV. Que pensez-vous de cette concurrence ?

Je trouve ça très bien. Ça crée une émulation. Canal +, qui est leader sur ce marché-là depuis plus de 20 ans est maintenant obligé de trouver de nouvelles idées et booster les journalistes. Il faut se démarquer, être plus malin que l’autre. C’est pour ça que la concurrence est une très bonne chose, tout du moins pour nous, les journalistes.

Toute l’équipe de CotéVestiaire remercie M.LE GOFF pour cette belle interview. On compte sur vous pour la partager et en faire profiter un maximum de personnes.

À propos de Anthony

Love sport, technology and marketing

Publié le 06/03/2014, dans Rencontres, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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