Interview de Cédric POUTHIER, Responsable Marketing de la Fédération Française de Handball

Cédric POUTHIER FFHBComme chaque jeudi, Côté Vestiaire vous propose l’interview d’un acteur du sport. Aujourd’hui, nous vous offrons celle de Cédric POUTHIER, responsable marketing de la Fédération Française de Handball.

Cédric POUTHIER, pouvez-vous vous présentez en quelques mots ?

Passionné de sport, j’ai connu ma première expérience dans le domaine chez l’équipementier Sergio Tacchini pendant 3 ans. Ensuite j’ai évolué en agence chez Prodeo, pour la Danone Nations Cup 2008 notamment, pour l’annonceur le Groupe Partouche et également au sein de l’agence NuméroDix où j’étais responsable de projets. Aujourd’hui j’ai 33 ans, et cela fait deux ans que j’ai rejoint la Fédération Française de Handball en tant que Responsable Marketing.

Quels sont vos domaines d’interventions ?

Il y a deux domaines majeurs. Le premier consiste à packager des produits marketing qui sont le support Equipe de France (Masculine et Féminine), la Coupe de France, la Golden League ainsi que toutes les actions de développement. On s’appuie ensuite sur l’agence Sella Communication pour la commercialisation.

Notre deuxième plan d’action est d’assurer le servicing, à savoir livrer l’ensemble des contreparties contractuelles et s’assurer que nos partenaires sont satisfaits des contrats qu’ils ont signés.

Comment définiriez-vous le handball ?

C’est un sport qui gagne. C’est notamment le premier sport collectif à avoir gagné un titre de Champion du Monde. D’autres ont suivi derrière mais on a réussi à garder une certaine pérennité dans le renouvellement de nos succès. C’est également un sport issu du monde scolaire, on le qualifie souvent de « sport de préau » avec ses avantages et ses inconvénients. Mais aujourd’hui, à côté des dérives que l’on peut avoir dans d’autres sports, la handball véhicule des valeurs fédératrices, de cohésion sociale et parvient à les conserver tout en se professionnalisant. C’est l’un des seuls sports qui arrive à garder ces valeurs humaines, de proximité tout en privatisant ses ressources économiques.

Est-ce cet aspect-là qui fait la force du handball aujourd’hui ?

Exactement. On est en mesure de sensibiliser les plus jeunes, les parents dans nos clubs sur ses valeurs humaines et collectives et, grâce à nos élites, nos succès, on leur renvoie une image médiatique cohérente.

Equipe de France de Handball Championne d'Europe

Comment voyez-vous le futur du handball ?

Le projet fédéral est en pleine effervescence. On a pour projet d’avoir notre centre technique national, comme le foot à Clairefontaine ou le rugby à Marcoussis, afin de centraliser toutes nos compétences. L’autre grand vecteur de développement est l’accueil du Championnat du Monde 2017 masculin en France. On souhaite profiter de cet événement pour se doter de salles de plus grande envergure. Aujourd’hui, la capacité des salles est l’un des points faibles du handball. Beaucoup d’équipes professionnelles ont le potentiel au niveau sportif mais pas encore la structure d’accueil adéquate. Or, une grande salle permet de faire entrer des revenus grâce à la billetterie, permet d’attirer des partenaires,… A ce niveau-là, le Mondial 2017 devraient donc nous permettre de franchir un nouveau palier. Nous sommes également candidat à l’Euro 2018 féminin.

Quel est pour vous le/la Handballeur/euse le plus emblématique de l’Histoire ?

Le plus emblématique reste Jackson Richardson. Il faisait partie de la première équipe qui a ramené un titre et a insufflé des notions fondatrices de proximité et de fun. C’est vraiment l’un des pionniers pour moi. Au début des années 90 et avec la médiatisation du sport et du handball, son personnage était à part et captait l’attention du public.

Quel est votre plus beau souvenir de handball ?

Le titre de Champion du Monde en France en 2001 est vraiment un moment à part avec ce but à la dernière seconde d’Anquetil qui nous permet de jouer les prolongations puis de gagner. Cette communion avec le public, cette alchimie, on va essayer de la renouveler en 2017 lors des Championnats du Monde masculin. Un moment pareil, dans un Bercy comble et un titre à la clé, reste gravé pour toujours dans l’esprit de n’importe quel être humain.

Pouvez-vous nous parler de la Fédération Française de Handball ?

Fédération Française de HandballLa Fédération Française de Handball a pour mission de développer la pratique du handball sur l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, elle s’appuie sur plus de 2.400 clubs et 500.000 licenciés. C’est une fédération en fort développement, notamment depuis 2008 et le premier titre de champion olympique. Sur cette période, nous sommes passés d’un peu moins de 300.000 licenciés à plus de 500.000. On se doute que cette croissance à deux chiffres finira par ralentir mais cela nous permet aujourd’hui d’avoir un niveau de pratiquants solide.

C’est une fédération en plein développement avec le projet de centre technique national. D’un point de vue marketing, on a également beaucoup évolué entre 2008 et 2013 en termes de ressources. Il y a encore quelques années, les subventions publiques étaient notre première source de financement. Aujourd’hui, les partenariats privés nous permettent d’être plus autonome vis-à-vis de la force publique. On a encore beaucoup de progrès à faire mais nous sommes sur une bonne dynamique.

Qu’attendez-vous de cette année 2014 ?

C’est une année de transition. L’Equipe de France Masculine, qui vient d’être sacrée Championne d’Europe, aura quelques matchs en France pour préparer le Championnat du Monde 2015 en janvier prochain au Qatar. Concernant l’Equipe de France Féminine, elle doit se qualifier pour le Championnat d’Europe qui aura lieu en Hongrie et Croatie en fin d’année. Cette année doit également lancer l’organisation du Mondial 2017 ; sa gouvernance est en train d’être définie et la comité d’organisation devrait se développer à partir du 4eme trimestre. Enfin, le troisième objectif de la fédération pour cette année 2014 est de lancer la construction du projet du centre technique national.

Êtes-vous satisfait de l’image que renvoient la fédération et vos athlètes ?

Il y a eu l’affaire des paris sportifs, on ne va pas s’en cacher. Afin d’avoir un discours clair en terme d’impact sur l’image de notre sport, nous attendons la deuxième édition de Sports&Valeurs de Kantar Sport afin de se comparer à l’édition 2011. A cette époque, les valeurs qui étaient transmises correspondaient à l’ADN de la FFHB et étaient des valeurs très positives.

Est-il facile de communiquer autour du handball auprès des partenaires et du grand public ?

Par rapport à notre grille marketing nous sommes quasiment complets, donc oui le support handball est un vrai support de communication attractif pour les partenaires. On a des entreprises de grande distribution, un grand équipementier, un grand diffuseur,… sur ce point-là nous sommes bien lotis. On reste à la recherche d’un septième partenaire 7d’Or.

Concernant le grand public, nous gérons de manière autonome une page Facebook sur laquelle nous avons 97.000 fans. Cela prouve qu’il y a un attrait naturel du grand public. Cela se ressent aussi lors de grands événements durant lesquels le taux de remplissage des salles est exceptionnel. Lorsque l’on joue en province, on sait toujours qu’on va jouer à guichet fermé. Quand on joue à Paris, où il y a une surabondance de manifestations sportives, on doit faire davantage d’efforts en matière de communication mais le public répond généralement présent en nombre.

On peut bien évidemment faire mieux. C’est pour cela que nous débattons en interne sur divers axes de développement, comme l’opportunité d’investir sur le digital, la refonte de notre charte graphique ou se doter d’un outil CRM.

Quels sont les défis marketing qui attendent la FFHB dans les semaines à venir ?

Le vrai défi est de consolider nos recettes marketing en finalisant l’arrivée d’un septième partenaire 7d’OR. D’autres partenariats arrivent à leur terme, il est donc important de les renouveler et de les valoriser. Nous avons également deux événements forts, à savoir la Golden League et la Coupe de France, qui seraient à même, compte tenu de leur diffusion, de trouver un namer. Nous avons donc des produits disponibles en pleine prospection commerciale.

Donnez-vous des consignes à vos athlètes concernant l’usage des réseaux sociaux ?

Non, ils sont autonomes et souvent bien encadrés individuellement à ce niveau. On a eu un cas de figure particulier en 2012 : un joueur avait communiqué sa blessure quelques minutes avant la conférence de presse de l’entraîneur. Mis à part ces aspects-là, qui sont traités par le management en conférence de presse, nos joueurs font ce qu’ils veulent de leurs comptes Twitter, Facebook,… Ils savent qu’ils se mettent sur le devant de la scène avec les avantages et les inconvénients que ça implique mais ils le font très bien.

Quelle est l’opération de communication sportive qui vous a le plus marqué ?

Je pense à un événement comme la Danone Nations Cup. Danone a réussi à trouver le lien business/promotion idoine en mettant en avant cette Coupe du Monde de football pour les jeunes. Pour avoir vu la joie et les rencontres que cela peut générer entre les enfants de tous les pays, ça reste une expérience exceptionnelle. On peut faire bien évidemment de superbes opérations en one shot, mais la Danone Nations Cup a réussi à se pérenniser. Elle donne chaque année l’occasion à des enfants  de vivre des moments incroyables dans des stades mythiques. Il y a une joie simple et juvénile qui transpire de cet événement. Ce genre d’action mériterait d’être dupliqué sur d’autres sports.

Quelle est votre plus belle réussite ?

Au-delà d’être père, c’est celle de maintenir une cohérence dans mon parcours professionnel tout en naviguant parmi les différents acteurs de l’écosystème du sport-business. 

Toute l’équipe de CotéVestiaire remercie M.POUTHIER pour cette belle interview. On compte sur vous pour la partager et en faire profiter un maximum de personnes.

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À propos de Anthony

Love sport, technology and marketing

Publié le 20/03/2014, dans Rencontres, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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