Interview de Raymond Bauriaud, Directeur du Marketing et de la Communication de la Fédération Française de Basket

Raymond BauriaudComme chaque jeudi, Côté Vestiaire vous propose l’interview d’un acteur du sport. Aujourd’hui, nous vous offrons celle de Raymond BAURIAUD, directeur du marketing et de la communication de la Fédération Française de Basket.

Raymond BAURIAUD, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Directeur du Marketing et de la Communication de la Fédération Française de Basket et Directeur du pôle Marque de la FFBB. Cela englobe plusieurs activités comme le marketing, la communication, l’événementiel, les produits dérivés, le patrimoine,…

Comment définiriez-vous le basket ?

Le basket est un sport spectaculaire, accessible et mixte. Spectaculaire parce qu’il correspond à des notions de plaisir, avec des actions qui font lever les foules. C’est un sport américain, donc potentiellement orienté vers le show. C’est d’ailleurs le seul sport américain qui est vraiment devenu global. Il est joué dans tous les pays, sur tous les continents.

C’est un sport mixte puisque 40% des licenciés ou des pratiquants en France sont des femmes. C’est le premier sport collectif féminin.

Il est aussi accessible parce qu’on est présent sur tout le territoire, avec près de 4500 clubs. On peut trouver un club de basket partout à côté de chez soi et si on ne souhaite pas en intégrer un, on trouve facilement un playground ou un panier pour jouer. C’est un sport qui n’est pas cher et pas contraignant puisqu’il suffit d’une paire de basket et d’un ballon pour pouvoir jouer.

Il s’appuie également sur des valeurs fortes d’intégration, de solidarité et de fair-play.

Il n’y a pas de problème de racisme dans le basket. Il se joue dans des cités, dans des villages, dans des villes moyennes, dans des grandes villes, ce qui explique notamment pourquoi les valeurs d’intégration dans le basket sont très fortes. Il n’y a pas de problème de handicap avec le développement croissant de la pratique du basket fauteuil. Sur la notion de solidarité, il y a une vocation sociale propre à la FFBB. Le basket est un sport d’origine chrétienne qui a été créé par un pasteur pour occuper des universitaires. Nous menons beaucoup d’actions sociales, c’est dans nos gènes et dans les gènes du basket.

Comment voyez-vous le futur du basket ?

Au niveau mondial, il est évident que le basket va continuer à se développer. Les plus grands joueurs mondiaux sont de plus en plus médiatisés, qu’ils jouent aux Etats-Unis ou ailleurs. Ce sont des stars mondiales. Il suffit de se promener avec certains joueurs de l’Equipe de France pour voir les attroupements que cela génère. Dans certains pays, c’est bien supérieur au football : aux Philippines, par exemple, c’est le sport numéro 1, aux Etats-Unis, le basket est nettement dominant, idem en Lituanie, en Chine,… Dans la plupart des pays, soit c’est le premier sport, soit c’est le deuxième après le football. Il y a tout de même des pays, peu nombreux, avec des particularités, notamment dans certains pays d’Europe ou de l’hémisphère sud ou le rugby arrive comme deuxième sport derrière le football.

Le basket correspond aux aspirations de la jeunesse. Quand on voit les classements des sportifs préférés dans le monde, on constate que les basketteurs sont très présents. Ce sont ces leaders qui font que ce sport continue à croître et le fait qu’il soit aussi bien implanté fait que, quand la population augmente, le nombre de basketteurs aussi.

Quel est pour vous le/la basketteur/euse le plus emblématique de l’Histoire ?

En France il y en a deux actuellement : Céline Dumerc chez les filles et Tony Parker chez les garçons. Ils ont tout gagné, ont suivi un cursus fédéral classique à la FFBB et ont désormais une reconnaissance nationale et internationale. Céline Dumerc a gagné des Coupes d’Europe, a été médaillée d’argent aux JO, Championne d’Europe, élue sportive de l’année en 2012. Tony Parker a également remporté des titres aussi bien en Equipe de France qu’en NBA, c’est le sportif préféré des français,… faire plus, c’est impossible !

Tony-Parker-Celine-Dumerc-France-Basket
Sinon, au niveau mondial, l’icône absolu c’est Mickael Jordan et le meilleur joueur du monde est sans doute encore actuellement Lebron James.

Quel est votre plus beau souvenir de supporter ?

Il y en a plusieurs. Tout d’abord les victoires de Limoges en Coupe d’Europe. Limoges a été le premier club, tous sports confondus à gagner une Coupe d’Europe. Elle s’appelait la Coupe Korac à l’époque, c’était à Padoue au début des années 80. C’était l’enclenchement d’un début de révolution dans le sport professionnel français, à savoir qu’il y avait des clubs pouvant proposer un spectacle sportif, un vrai show, tout en étant performant en compétitions. Ensuite, il y a eu le titre de Champion d’Europe en 1993, qui a été suivie quelques mois après par celui de Marseille en football. Ces moments-là sont vraiment très forts, d’autant plus que je jouais moi-même au club du CSP Limoges.

A titre professionnel, j’en ai plusieurs également, à commencer par la victoire contre l’Espagne en demi-finale du Championnat d’Europe en 2013. Comme l’a titré L’EQUIPE, c’était « Un plaisir total » ! On était mené de manière très importante à la mi-temps. On ne voyait pas comment on pouvait revenir face à une équipe comme l’Espagne et pourtant on l’a fait, et on a gagné en prolongations. C’est quelque chose de fantastique à vivre. Un vrai plaisir.

Un autre moment fort est la demi-finale face à la Russie au Championnat d’Europe 2011 en Lituanie avec l’Equipe de France. On gagne ce match et cela nous qualifie pour la finale. On avait donc l’assurance d’avoir une médaille et cela nous qualifiait surtout pour les JO de Londres puisque seuls les deux finalistes y avaient accès directement. Connaissant tous les efforts que cela demande pour se qualifier pour les JO, ce fut un moment merveilleux. Pour beaucoup de monde, c’était l’aboutissement de nombreuses années de travail.

Pouvez-vous nous présenter la Fédération Française de Basket (FFBB) ?

Une centaine de personnes travaillent au sein de la Fédération Française de Basket, il y a 22 ligues régionales, 95 comités départementaux, 4500 clubs, près de 550 000 licenciés, 2,5 millions de pratiquants. Nous avons un budget de 26M€. La fédération est organisée par pôles : un pôle haut niveau, un pôle marque, un pôle formation et enfin un pôle qui gère l’organisation territoriale. Voilà pour la structure opérationnelle. Nous avons également des élus avec un comité directeur d’une trentaine de personnes et un président, Jean Pierre SIUTAT, élu pour 4 ans.

Qu’attendez-vous de cette année 2014 ?

Cette année est importante car nos deux Equipes de France sont qualifiées pour les Championnats du Monde, en Espagne pour les hommes et en Turquie pour les femmes. Le deuxième objectif de cette année 2014 est de continuer notre croissance en terme de licenciés. Pour cela, on veut permettre aux gens de jouer dans les clubs, avoir une offre de pratique attractive et développer le 3×3 (une offre qui permet de pouvoir jouer de manière libre en s’inscrivant à des tournois).

D’autres événements sont-ils prévus cette année ?

Fête du mini basketIl y a les finales de la Coupe de France de basket, qui auront lieu au mois de mai à Paris. Elles se déroulent sur 3 jours avec les finales masculines, féminines, professionnelles et amateurs. Il y aura également des finales handibasket et des finales de l’administration pénitentiaire. Ces trois jours de basket seront accompagnés d’animations place de la République, qui rencontrent un grand succès populaire. Vous aurez également un autre événement qui s’appelle la « Fête nationale du mini-basket », qui rassemble environ 120 000 personnes et qui se déroule dans 100 villes différentes. C’est une manifestation faite pour les jeunes, pour qu’ils puissent jouer au basket.

Êtes-vous satisfait de l’image que renvoient la fédération et vos sportifs ?

L’image de la fédération est bonne je crois. Elle renvoie une image de sérieux aussi bien au sein des instances qui nous gouvernent (Mouvement olympique, ministère des sports,…) qu’auprès du grand public. Ensuite, nos basketteurs et basketteuses montrent une image assez remarquable par rapport à ce que l’on peut voir dans le sport ou dans la société en général. On dit souvent que l’argent pourri tout mais c’est totalement faux, c’est juste une question d’éducation. Or, nous avons des basketteurs qui sont multimillionnaires mais qui sont biens élevés, qui ont l’amour du maillot, qui respectent leurs coéquipiers,… Ils véhiculent donc une belle image du sportif pour ce qu’il accomplie. Il fait son travail de sportif, travaille beaucoup, est enthousiaste, donne du plaisir,… C’est exactement la même chose pour les filles : elles ont tout gagné en Equipe de France ou en clubs mais elles s’investissent avec le sourire, comme elles l’ont fait notamment lors de l’opération Championnes de Cœur.

Nous avons un programme FFBB Citoyen qui nous rend très fiers. On a d’ailleurs été nominé aux trophées Sporsora cette année. Il reflète ces valeurs d’intégration, de solidarité et de fair-play parce que ce sont des choses bien réelles chez nous. Et nos joueurs emblématiques l’incarnent parfaitement et naturellement.

Est-il facile de communiquer autour du basket auprès des partenaires ?

Concernant les sponsors, il faut bien évidemment batailler parce que les sports sont en concurrence les uns avec les autres. Mettons-nous à la place du chef d’entreprise. Pour communiquer, il va pouvoir mettre en place des opérations de communication classiques. S’il veut aller vers le sport, cela signifie qu’il va vouloir faire du sponsoring. Or il n’est pas toujours évident, en interne, de convaincre son comité de direction, ses actionnaires, ses salariés que faire du sponsoring est utile. Imaginons qu’il décide de faire du sponsoring, qui est très intéressant parce que l’image dégagée est plus forte qu’en faisant de la communication classique, encore faut-il qu’il choisisse le sport qui lui correspond. Parmi tous les sports disponibles, pourquoi aller vers le basket ? Tout simplement parce qu’il a les valeurs que j’ai citées et, au-delà du résultat sportif, une entreprise doit s’appuyer sur les valeurs du partenaire avec lequel elle s’associe. Sur ce point-là, je pense que la Fédération Française de Basket est bonne, saine. Pour un annonceur, travailler avec un partenaire sain est fondamental. La cerise sur le gâteau est quand il y a, en plus, des résultats sportifs. Néanmoins, il faut l’expliquer, le dire, et ce n’est pas toujours un choix évident pour les entreprises. Les partenaires avec lesquels nous travaillons sont satisfaits je pense de cette transparence et ce sérieux dans le travail, on a d’excellents retours.

Et auprès du grand public ?

A chaque fois que l’on organise des matches à Bercy, on joue à guichets fermés. Idem en Province. Quand on fait des événements en extérieur, avec des collectivités locales souvent, pour faire découvrir le basket, les gens viennent jouer naturellement. Le public est systématiquement attiré par un ballon de basket, il nous suffit juste d’en mettre à disposition. Bien évidemment, nous souhaiterions toujours attirer plus de monde mais il faudrait pour cela avoir des salles plus grandes et que les clubs professionnels se développent davantage.

Quels sont les défis marketing à venir dans les prochains mois ?

Nous avons deux objectifs : être accompagné d’un partenaire officiel supplémentaire au niveau de l’équipe de France et fidéliser toujours plus nos partenaires. Ces partenaires sont notamment Adidas, Canal Plus, Joker, AIG, La Poste, Warner Bros, Molten, la FDJ.

Joker partenaire basket FFBB

Quelle est votre position sur les nouveaux médias ?

Le basket est naturellement consommé sur les réseaux sociaux, depuis toujours. De ce fait, la fédération a développé les outils nécessaires pour aller en ce sens. Notre site internet compte environ 20 millions de pages vues par mois, on a 20 000 followers sur Twitter, 115 000 fans sur Facebook, des applications régulièrement téléchargées, nous avons un community manager, notre nouveau site vient de sortir, on fait de la production pour des matches sur internet,… le digital fait partie intégrante de notre stratégie de communication.

Donnez-vous des consignes à vos athlètes concernant l’usage des réseaux sociaux ?

On a des formations au centre fédéral sur l’utilisation de ces outils. On fait également des interventions, en début de campagnes masculines et féminines, auprès des joueurs.

Quelle est l’opération de communication qui vous a le plus marqué ?

L’émergence de Red Bull dans le sport est hallucinante. Ils font de la création de contenus, créent des événements sportifs, ont racheté une écurie de Formule 1. Il y a 20 ans, cette marque était presque inconnue et aujourd’hui elle a ses propres événements et est championne de Formule 1 face à des équipes qui sont, avec ce sport, au bout d’un processus industriel lourd. C’est complètement dingue ! En 20 ans, elle a créé du contenu, de la communication sur le sport, des événements alors qu’elle ne vend que des canettes de boisson ! En plus de cela, ils passent leur temps à innover. En termes de communication via le sport, il n’y a pas d’équivalent.

Quelle est votre plus belle réussite ?

Sans doute ce que l’on a fait ces dernières années avec le Secours Populaire. On est la première équipe de France à avoir joué avec un maillot marqué pour une cause, à savoir le Secours Populaire. On avait fait cela dans le cadre de notre partenariat avec Ferrero pour sa marque Kinder. Cette opération s’appuyait sur le sport et donc la FFBB, c’est quelque chose dont on est très fier. L’arrivée d’un nouveau partenaire comme Joker l’année du premier titre de Champion d’Europe est également formidable quand on évolue dans l’univers du marketing sportif. Mais je m’inscris plutôt dans des projets à long terme et la meilleure des réussites est quand une relation de partenariat devient naturelle et inscrite dans la durée. Cela signifie que le travail a été bien fait.

Toute l’équipe de CotéVestiaire remercie M.BAURIAUD pour cette belle interview. On compte sur vous pour la partager et en faire profiter un maximum de personnes.

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À propos de Anthony

Love sport, technology and marketing

Publié le 27/03/2014, dans Rencontres, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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