Interview : Paroles d’un supporter de River Plate

river-plate-interview

Régulièrement, Coté Vestiaire vous propose l’interview d’un des très nombreux acteurs du sport. Cette semaine, nous avons donné la parole à un blogueur passionné par River Plate et du football Sud Américain

river-plate-interviewPouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Nicolas, 37 ans, passionné de foot depuis la plus tendre enfance, supporter des Girondins et de River depuis à peu près la même époque.

Depuis combien de temps suivez-vous River Plate ?

C’est toujours difficile de suivre assidûment un club qui est si loin de chez soi et quasiment jamais diffusé à la télé. Ado, je suivais de très loin les résultats de River quand je parvenais à en trouver (internet n’existait pas). Puis il y a eu la révolution internet, les streaming. Il y a aussi désormais Ma Chaine Sport qui passe régulièrement des matchs argentins et donc River. Personnellement, ça a tout changé. Cela fait donc 5-6 que je peux voir vraiment régulièrement les matchs du club et donc que je peux dire que je suis vraiment River au jour le jour. Désormais, je ne manque aucun match (en direct ou en différé quand les coups d’envoi sont trop tardifs), ne rate plus aucune info au sujet du club.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de suivre River Plate? Est-ce que vous vous souvenez de votre premier match ?

J’ai toujours été attiré par le football argentin sans pour autant que je trouve une explication rationnelle (peut-être l’effet Maradona en 86, ma première Coupe du Monde). Pourquoi River ? Peut-être parce qu’alors c’était le meilleur club du pays et ça a suffi à conquérir l’enfant de 10 ans que j’étais. Et puis il y a le maillot…Pas de réels souvenirs du premier match, plutôt des images éparses de l’Intercontinentale de 86 face au Steaua, première rencontre avec la bande rouge.

Votre passion pour le Football

En deux mots comment définiriez-vous le Football ?

Un sport dans lequel l’art côtoie la réalité de la vie. Le football, c’est une tragédie grecque interprétée sur une pelouse.

Selon vous, qu’est ce qui fait la force du Football ?

Son imprévisibilité et la passion qu’il génère.

Comment voyez-vous le futur du football?

Le football est et restera un jeu simple. Ce qui change c’est la vision que les médias en donnent. Il faut distinguer le football professionnel du football amateur. Le premier vise à devenir un spectacle qui se divise en deux : il y a le spectacle populaire, celui des nations sud-américaines par exemple, qui reste solidement ancré et représentatif de la société dans laquelle il évolue, et le spectacle pour élite, coupé des réalités, des sociétés, de sa base populaire. Le premier n’évoluera jamais, il restera toujours un sport. Le second lui, est plus sujet aux dérives.

Le futur du football vous inquiète-t-il?

Pas vraiment. Comme je l’écris, le football reste toujours le même sport. Sa représentation médiatique peut inquiéter oui, mais seulement chez nous en Europe et seulement pour ses représentants professionnels. Le grand danger reste, à mon avis, de considérer que le football médiatique actuel est le modèle le plus représentatif de ce qu’est ce sport alors qu’il n’est qu’une des multiples représentations de celui-ci. Il suffit de voir des enfants taper dans un ballon pour se dire que le football ne risque rien.

Votre passion pour River

river-plate-interviewQu’est-ce votre club a de plus que les autres ? (Hors résultats sportifs)

Une histoire faite de légendes, de victoires et d’échecs retentissants. Il a aussi une dimension mythologique dans l’esprit des amateurs de football par tout ce que le seul maillot blanc à bande rouge ou que son stade, lieu de toutes les outrances, peut générer rien qu’à sa vue. Il est fait d’histoires, de héros, de bannis : il est ce que le football est. River, c’est le football romantique, mélange de beauté et de drames.

Comment définiriez-vous l’état d’esprit de votre club ?

River c’est la recherche du beau jeu, du football offensif, de l’engagement total. Sans doute l’héritage de la Maquina des années 40 qui dominait le football argentin, de la beauté des « enganche », meneur de jeu spécialité argentine, que les grands clubs locaux comme River ont produit.

Êtes-vous satisfait de l’image de votre club ? Si non, qu’amélioreriez-vous?

L’image de River est intouchable, inamovible. Celle du plus grand club argentin, celle du club le plus titré sur le plan national et qui a connu l’enfer absolu avant de renaître.

river-plate-interviewQuelles sont vos attentes pour cette nouvelle saison? 

Compliqué d’avoir des attentes précises dans le contexte actuel. Depuis notre retour en première division, on a d’abord connu une saison de réapprentissage sous Almeyda avant le retour de Diaz. On a pensé avoir retrouvé le grand River lors du dernier tournoi mais une fois de plus, nos dirigeants et notre staff ont tout cassé pour repartir de zéro (à leur décharge, la situation économique du club n’est pas non plus brillante). Alors si secrètement on espère rejouer pour le titre (comme lors du dernier tournoi), si on aimerait connaître un joli parcours continental, mes premières attentes seraient d’abord de retrouver un River conquérant, craint de tous. Les résultats suivront alors logiquement.

Si vous deviez choisir un joueur emblématique de l’histoire de River, vous citeriez qui et pourquoi ?

C’est toujours compliqué de regarder l’histoire du club et d’aller y chercher un seul joueur, surtout quand ce club est River. Alors à titre personnel, je retiendrais Francescoli. L’élégance absolue, le symbole de ce football rioplatense qui fait autant fantasmer. L’uruguayen qui a illuminé l’Argentine avec River, l’homme qui nous offrît la deuxième libertadores, celui qui fît de River une équipe sans concurrents au milieu des années 90.

Vous tenez un blog dédié à River Plate; pouvez-vous nous en parler ?

Depuis 4 ans, je tiens un site sur lequel je parle notamment du football sud-américain et plus particulièrement argentin lucarne-opposee.fr. Sur ce site, je m’impose d’éviter tout commentaire partisan et j’avoue que la descente de River (vécue comme une souffrance) a tout déclenché. Las d’être frustré, j’ai voulu profiter de cette descente pour enfin pouvoir crier mon amour pour La Banda. C’est ainsi que j’ai créé River Plate France à l’été 2011. Depuis, j’ai découvert une communauté millonaria française qui passe ses nuits à venir regarder les matchs sur le site, à discuter via facebook et twitter, à venir régulièrement suivre les infos sur le site et qui tente désormais de s’organiser en filiale officielle.

river-plate-interviewQuel est votre plus beau souvenir de supporter ?

Le dernier : la remontée en Primera Division. La première partie de saison avec un Cavenaghi en feu, la deuxième partie marquée par David Trezeguet, son doublé lors du dernier match qui officialise la montée et donne le titre. La saison a été d’une douleur intense : chaque match était un combat, chaque adversaire jouait le match de sa vie. La tension était telle qu’on vivait chaque match en apnée. A chaque fois que je revois les deux buts du Roi David lors de cette 38e journée, que j’entends le Monumental chavirer dès que les filets tremblent, j’en ai des frissons. La tension était vraiment incroyable sur cette saison.

Supportez-vous d’autres équipes dans d’autres sports ? Si oui, Lesquelles ?

Je suis surtout supporter de plusieurs clubs de foot. En France, les Girondins, mon club d’enfance, de toujours. Avec River, c’est mon vrai club de cœur comme disent les footeux. Mais je suis aussi un fervent supporter de l’Ajax aux Pays-Bas, Peñarol en Uruguay, la Liga de Quito en Equateur. Voilà mon top 5. Sinon, pour d’autres sports, à part les Flyers de Philadelphie en hockey, je n’ai pas vraiment de club favori.

 Toute l’équipe de côté vestiaire vous remercie et à bientôt au stade ou ailleurs! N’hésitez pas à liker notre page Facebook et à nous suivre sur twitter @CoteVestiaire.

Advertisements

Publié le 07/11/2013, dans Rencontres, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. danielle 967

    bonjour
    tout comme toi Nicolas je suis supportrice des girondins ( je suis bordelaise ) et de River à cause de ce passé glorieux et du foot pratiqué dans ce club ( el toque ) . Je suis également une grande fan de Cavenaghi . Je pense que son retour à River n’est qu’une question de jours ( j’aurais aimé le revoir à Bordeaux également )
    Ces idoles tant réclamées par les  » hinchas  » ont – elles la possibilité de reconstruire ce style de jeu qui a enchanté tellement de générations face à un football moderne qui n’a plus rien à voir ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :