Interview de Marcel Desailly : « Le Brésil n’ira pas au bout »

Desailly France 98

A l’occasion du lancement du dispositif BetClic pour la Coupe du Monde, nous avons la chance de rencontrer Marcel Desailly, Champion du Monde 98. L’occasion de lui poser quelques questions sur la Coupe du Monde.

Bonjour Marcel Desailly. Qu’est ce que ça fait de jouer une Coupe du Monde chez soi ?

C’est magnifique mais on a beaucoup de pression. C’est une des raisons qui me fait dire que le Brésil n’ira pas au bout. Ils ont bien géré cette pression lors de la Coupe des Confédérations mais pour la Coupe du Monde, elle sera si importante qu’elle ne va pas leur permettre d’être performants. Ca va peut-être, au contraire, les tétaniser, les mettre un peu en dedans. Cela dit, ils ont tellement de talents individuels que ça peut s’équilibrer.

Justement, qu’est ce qui a fait qu’en 98 vous êtes allés au bout ?

On était absolument pas la meilleure équipe puisqu’il y avait l’Argentine, la Hollande, le Brésil qui étaient nettement meilleurs que nous. Notre chance, c’est qu’on avait un collectif différent. Nous étions tous des leaders dans nos différents grands clubs, l’équilibre s’est fait là. On avait une énorme pression mais on avait l’habitude. Certains pensent que c’est à moment-là qu’on a atteint une dimension différente alors que pas du tout: j’étais capitaine potentiel à Milan, Lizarazu, Deschamps, Zidane, Thuram aussi donc on était habitué à cela. Le problème du Brésil est qu’il y a beaucoup de joueurs qui ont des qualités mais qui ne sont pas des éléments moteurs dans leur club. Neymar a encore du mal à s’exprimer au Barça, Hulk est dans un championnat un peu en retrait,… quand on regarde l’équilibre, on s’aperçoit qu’il y a quand même un déficit d’expérience.

Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes qui vont jouer leur première Coupe du Monde ? Notamment les plus jeunes comme Pogba ? 

Si on prend Pogba, il y a un tel talent qu’il faut qu’il s’imprègne de ce que Didier a fait par exemple. On ne peut pas comparer les deux parce que Pogba a une dimension énorme alors que Didier était au service du collectif. Il n’avait pas la prétention d’avoir la qualité pour faire la différence devant mais il protégeait son bloc défensif. Pogba, il a un tel talent qu’il a tendance à parfois trop se porter vers l’avant, au détriment de l’équilibre collectif. Il peut utiliser ses capacités à se projeter vers l’avant de temps en temps mais aussi se sacrifier pour son bloc défensif. Ce sera le même type de joueur mais avec un positionnement psychologique un peu différent.

Quel est votre meilleur souvenir en BLEU au delà de la finale de la Coupe du Monde ? 

L’euro c’est magnifique ! On était déjà Champions du Monde donc on avait une certaine maturité. En plus de ça, on a battu toutes les équipes majeures, à savoir la République Tchèque, l’Espagne, le Portugal et on termine avec un scénario incroyable face à l’Italie. Pour nous, on soulevait la Coupe d’Europe et la Coupe du Monde en même temps. Ce n’était pas plus fort que la Coupe du Monde mais, à ce moment-là, on a vraiment soulevé les deux trophées.

À propos de Anthony

Love sport, technology and marketing

Publié le 12/06/2014, dans Rencontres, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :